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mercredi 2 avril 2014

B - Connaissez-vous Babel?

Connaissez-vous Babel?

Oui, il y a bien la fameuse tour mythique dont l'histoire est racontée dans la Genèse. Cette fameuse tour que les humains ont construite pour se rapprocher du ciel. Mais Dieu les trouvant trop ambitieux mis fin au projet en les "maudissant". À partir de cet instant, ils se mirent tous à parler des langues différentes et ne purent terminer la construction de la tour, se trouvant dans l'impossibilité de communiquer efficacement.  L'expression "Tour de Babel" fait maintenant image dans le langage (même chez les athées.)

crédit photo: John Elfasi (Voir)
Donc Babel... de nos jours. Au début de l'année, quatre jeunes inconnus, qui ne se connaissaient ni d'Ève, ni d'Adam (décidément) furent choisis après un processus fastidieux (examen écrit, entrevue, etc.) pour devenir blogueurs et blogueuses. On leur a demandé, tout simplement, pendant deux ans, d'observer le monde autour d'eux et de partager leur perspective de la vie urbaine dans une ville cosmopolite comme Montréal. Particularité : les jeunes doivent être issus d'une (ou des) communauté culturelle ou être de minorité visible.

Bon, avant que l'on pousse les hauts cris partout pour dénoncer l'instrumentalisation du "jeune" et des "immigrants", j'aimerais dire que ce que je trouve intéressant dans l'idée d'avoir des paramètres aussi précis, c'est que l'on permet à des groupes peu représentés dans les médias ou dans le discours mainstream d'avoir une voix.

Pourquoi veut-on les entendre parler? Parce que vivre dans une ville relevant d'une culture particulière alors que l'on est élevé principalement dans une autre, donne, selon-moi, une perspective très intéressante.  J'ai travaillé quelques années avec des jeunes immigrants ou de parents immigrants qui avait développé une troisième culture. Un mélange de la culture d'ici et de celle de leurs parents. C'est unique et en constante mouvance. Une culture riche et jamais fixée ou cristallisée dans quelque chose. On peut en reconnaître la présence, mais on ne pourrait en donner de caractéristiques précises.

Je vous parle de Babel, parce que ça vaut le détour. J'ai déjà dit ici que je ne lisais plus les journaux, mais ça ne veut pas dire que je ne lis plus rien. Je cherche des voix différentes, dissonantes, discordantes, pour me faire une opinion sur divers sujets. Peut-être qu'en bout de ligne, lorsque je me fais mon idée, je suis totalement d'accord avec les chroniqueurs à la mode ou les éditorialistes, mais j'aime faire des détours. Ça me garde l'esprit alerte. On s'endort trop facilement...

Ainsi nos quatre jeunes blogueurs ont choisi de façon unanime de nommer leur blogue Babel. Parce que ça fait image justement. L'aventure ne fait que commencer. Après seulement trois mois, je salue leur courage. Ils s'exposent à tout vent, avec la naïveté (je n'ai pas dit ça!) et la fraîcheur de leur regard sur le monde. Ils ne sont pas naïfs, loin de là. Ils questionnent et critiquent des choses que l'on ne regarde plus nous-même... la naïveté est du au fait que parfois l'inconscience de notre lucidité est une bénédiction.

Avec respect!
ML

Article écrit dans le cadre du défi A to Z blogging challenge






samedi 22 mars 2014

La bulle médiatique

J'utilise très rarement mon blogue pour parler d'élections. Je passe toutes mes heures de travail sur différents projets qui touchent à la démocratie, la participation citoyenne et électorale, donc en dehors je fais autre chose. Mais une fois de temps en temps j'ai le goût et ça n'engage que moi.

Je vis dans une bulle. La nature de mon travail fait en sorte que je suis entourée de gens qui à quelques nuances près sont très proches idéologiquement. Nous lisons les mêmes journaux, les mêmes éditorialistes et discutons des sujets "de l'heure". Très rarement je me retrouve à entendre d'autres points de vue.

Je suis tout de même dans une bulle privilégiée, entourée de gens qui analysent des problématiques ou des enjeux et vont plus loin que les arguments de surface. C'est une très petite bulle bien protégée.

Ce qui fait en sorte que lorsque je regarde le traitement médiatique de l'enjeu de la participation électorale des jeunes, j'éprouve une pointe de dépit. Cela a pris des années à faire en sorte que les médias s'intéressent à l'enjeu... Enfin! Mais quelques années plus tard, on ne va pas plus loin. On se demande encore pourquoi les jeunes ne votent pas. Il y a de nombreux chiffres qui existent maintenant et les raisons premières sont assez clairement définies. Cette année, une nouvelle question : Comment faire voter les jeunes? Là-dessus il y a encore quelques réponses et pistes intéressantes.

Mais ça ne va pas plus loin. Les jeunes ne s'intéressent pas. Point.

Une des raisons évoquées concernant se désintérêt, est que les enjeux qui intéressent les jeunes ne sont pas traités par les partis politiques. J'avoue que ce que font les partis politiques ça les regarde. Ils ont des processus définis pour leur prise de position et si les jeunes veulent que les partis proposent des enjeux qui les touchent, ils peuvent aller s'y impliquer.(C'est plus complexes que ça, je sais.)

Non, je regarde surtout du côté des médias. Je comprends qu'une campagne électorale ça va vite et que l'on ne peut pas parler de tout, alors on se concentre sur ce que disent les partis. Par contre, tant qu'à faire et refaire les mêmes panels d'une émission à l'autre sur la question du désintérêt des jeunes, peut-être qu'on pourrait les faire parler sur les enjeux qui les intéressent. Il y a présentement au moins 4 plate-formes de propositions qui circulent sur des enjeux importants, développés par des groupes qui représentent de nombreux jeunes. Des jeunes qui s'intéressent, il y en a.

Je vis dans une bulle intellectuelle ultra-privilégiée. Mais je ne lis plus les journaux depuis longtemps (je surfe sur les titres). Je n'écoute plus les nouvelles non plus. Et pourtant je suis informée. Varier mes sources d'informations me permet à certains moments de maintenir un doute sur l'information que je reçois et de creuser un peu plus. Mais nous ne faisons pas tous ça et à la vitesse où l'information circule, je me dis que ceux qui rapportent l'information pourraient avoir un peu plus de rigueur.

Avec respect!
ML