Je n'ai jamais vraiment pensé écrire pour les enfants. Mais j'ai commencé, il y a quelques années, cette petite histoire qui résonnait très bien pour un public plus jeune. Finalement, il y a des passages plus noirs que prévu, donc au lieu d'un conte de fée pour les 6-8 ans,ça s'adresse plus aux 10-12 ans.
La jeune Ophélie est une petite fée bien têtue, qui par maladresse constante et répétée n'arrive pas à prouver à son clan qu'elle peut-être digne de porter ses ailes. Sa Mère-fée lui offre donc une dernière chance sous la forme d'une mission, quasi-impossible : aider le jeune Raphin, un guerrier agile sans bannière, à terrasser un dragon. Si elle ne réussit pas, elle sera à jamais bannie de sa communauté.
Au fur et à mesure qu'ils avancent dans leur voyage vers la grotte du dragon, Ophélie découvre le terrible secret derrière la naissance de son compagnon et elle devra le protéger d'ennemis puissants.
En gros c'est ça l'histoire. Une fois de temps en temps je rend visite à Ophélie et je lui ajoute quelques pages. C'est une histoire qui mijote dans l'arrière plan et qui peut-être verra le jour. Je ne sais pas...
Extrait - Ophélie
Étirant son oreille vers le Nord, Raphin ne perçut que le souffle glacial du blizzard des sommets enneigés. Attentif au moindre bruit l’entourant, il entendit, venant du sol, une petite voix claire qui lui criait de l’écouter. Raphin s’agenouilla et tendit la main. Une petite fée s’accrocha à ses doigts pour ne pas tomber, alors qu’il se relevait.
- Ne crains-tu pas le souffle putride du dragon ?
- Non chère amie, ne connais-tu pas le nombre d’ennemis plus terribles les uns que les autres que j’ai anéanti à travers les années ?
- Oh que si, grand seigneur. Mais le temps ne vous a-t-il point donné la ruse et la patience ? Car ce dragon ne se combat pas avec la force et les armes des hommes.
- Ah ! Que dis-tu petite peste ? Ne suis-je pas le plus fort ? Et que peut un dragon puant face aux plus grands des chevaliers et ses nombreux exploits ?
La petite fée, outrée de tant d’orgueil sauta d’un pas leste sur la manche du jeune guerrier et redescendit avec agilité vers le sol. Encore toute jeune, elle n’avait pas de jolies ailes diaphanes pour voler.
- N’écoute pas, « noble » seigneur, mais lorsque tu seras entre les dents de la bête à mendier pour ta vie, je ne viendrai pas à ton secours.
- Et quel secours pourrais-tu m’apporter ? Tu es si minuscule. Et sans ailes tu n’as sûrement aucun pouvoir magique.
Raphin eu un sourire narquois et se remit à réfléchir au chemin à prendre.
- Mais le courage ne se mesure pas à la longueur de l’épée, lança-t-elle en disparaissant sous les fleurs sauvages.
Perplexe, Raphin haussa les épaules et poursuivit sa quête. Si la mer n’est pas au nord, ni à l’est, elle est donc à l’ouest, puisque j’arrive du sud, pensa-il.
Il vérifia sa besace magique, cadeau d’un vieux druide à qui il avait rendu un fier service. Aussitôt vide elle se remplissait de victuailles. Tout comme sa gourde qui jamais ne se vidait d’eau fraîche. Il partit donc d’un bon pas, toujours vers l’ouest alors que le soleil atteignait son zénith. Derrière lui à bonne distance, la petite fée le suivit. Raphin marcha ainsi plusieurs jours sans rencontrer âme qui vive. Les trolls se cachaient à son passage, terrorisés. Plus d’un avaient déjà encourut ses foudres. Le bruit de sa cotte de mailles faisait fuir les petits animaux. Même les mouches craignaient son courroux.
Raphin se sentait bien seul. Il n’avait pas d’amis. Même son cheval l’avait quitté. Son tempérament le poussait chercher querelle à quiconque croisait sa route. Il était fier et orgueilleux. Après coup, il se dit que la petite fée aurait pu le renseigner sur la route à suivre et être de bonne compagnie peut-être. Mais il avait fait l’arrogant et elle était partie. Il était fatigué de courir après des chimères. Plus personne ne voulait l’affronter. Depuis dix ans maintenant qu’il parcourrait les routes de long en large, affrontant de piètres ennemis tel que les trolls. Le dragon bleu était enfin un adversaire à sa hauteur. Et voilà qu’il ruminait sa solitude. Il se devait de bomber le torse et chanter, heureux enfin d’aller guerroyer pour le salut des petites gens.
- Ça suffit! Je suis Raphin, le valeureux paladin et je terrasserai ce dragon !
Sa voix résonna dans le silence de la nuit. Les grillons se turent. Le vent se fit plus doux, les arbres devinrent immobiles. Et dans le profond silence, un rire strident éclata rappelant le chant d’une vieille crécelle rouillée.
- Qui est là ? hurla Raphin en dégainant son épée.
- Parce que tu crois que ta grosse épée me fait peur ? Fais attention qu’elle ne te tombe sur l’orteil.
- Montre-toi !
Raphin virait de tous les côtés, cherchant à deviner d’où venait la voix, qui semblait venir de partout.
- Que peut faire ton épée contre un ennemi que tu ne peux pas voir ?
Raphin qui pourtant n’avait peur de rien ressentit un pincement au creux du ventre en entendant ces mots. Il respira un grand coup et se remit en position de combat.
- Montre-toi vermine, ta couardise te rend indigne ! Tu n’es pas mieux que ces trolls malodorants. Affronte-moi sans ruse.
- Chaque être possède ses forces et ses faiblesses. Dans le combat on utilise ses forces pour combler nos faiblesses. Il n’y a pas que des ennemis qui t’affronteront de front. Mais aussi d’autres qui t’attaqueront par derrière.
- Ce seront des traîtres. Le code des chevaliers veut que l’on s’annonce avant d’attaquer.
- Nous ne sommes pas tous des chevaliers.
Raphin baissa son arme. La voix venue de nulle part avait raison. Ils n’avaient pas toujours affronté des chevaliers. Certains de ses ennemis lui avaient tendus des pièges. Il s’en était toujours bien sortit. Mais il n’avait pas le goût d’argumenter, il était fatigué.
- Que valent les paroles d’un peureux qui se cache derrière les arbres ?, dit-il avec lassitude.
Juste derrière lui caché dans une fleur, la jeune fée le regardait avec douceur. Sautant sur une branche, elle se retrouva à la hauteur du regard de Raphin. Poussant un soupir agacé, il sourit tout de même en son for intérieur.
Avec respect!
ML
Pensées, reflets d'âmes emprisonnées entre l'ici et l'au-delà, murmures captés dans les égrégores anciens et nouveaux. Mots. Je marche sur le mince fil entre l'ombre et la lumière. Lumière éblouissante dans vos ténèbres. Ombre dans le jour éclatant. Je suis celle qui écoute les murmures du vent et les voix qui hurlent dans la tempête. Celle, qui des larmes, fabrique des colliers de mots et les raconte. Je suis celle qui apprend et s'inspire des êtres dont elle croise la route.
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jeudi 17 avril 2014
dimanche 28 juillet 2013
La mort, ses surprises et l'envie de vivre
La mort...
Hier... une pause dans mon marathon d'écriture, pour une visite au salon funéraire.
J'ai une amie... une belle femme de 40 ans qui a touché de façon incroyable le coeur de centaines (on pourrait dire des milliers) de personnes partout où elle est passée. Depuis l'annonce de son décès, des dizaines et des dizaines de messages sont partagés par courriel et sur Facebook, ayant comme trait commun sa grande écoute, sa joie de vivre et sa grande générosité envers ceux qu'elle rencontrait.
Elle habitait à Singapour depuis deux ans, avec son amoureux qu'elle était allée rejoindre (il travaillait là-bas), laissant tout derrière elle pour vivre cette magnifique histoire d'amour qu'elle vivait. Il y a environ 3 mois, on lui annonçait un cancer de l'estomac...
Ses surprises...
J'ai parlé avec sa mère, une femme incroyable. Magnifique autant dans les larmes que dans le rire. Elle est allée rejoindre sa fille aussitôt qu'elle l'a pu. Elle me raconte que sa fille avait toujours trouvé qu'elle avait le chic pour préparer les valises. Ayant fait plusieurs voyages dans sa trop courte vie, sa mère l'aidait à rouler chandails et chaussettes et à trouver le moindre petit trou pour entrer encore un autre morceau.
Lors d'un rare moment où elles étaient seules, à l'hôpital, un moment trendre entre mère et fille. Dans ses derniers instants de lucidité, sa mère a préparé la dernière valise de sa fille, pour son dernier voyage.
- Qu'est ce qu'on y met maman?
- Beaucoup d'amour...
J'ai trois enfants et je ne saurais trouver des mots plus parfait si je devais un jour (jamais, jamais, je touche du bois et je bénis tous les dieux et déesses dans leurs grâces infinies!!) enterrer un de mes enfants.
L'envie de vivre...
Cette amie... Tout le monde s'accorde pour dire qu'elle a vécu sa vie passionnément, à fond et sans regret, avec la seule intention de faire une différence dans la vie des gens qu'elle rencontrait. Mission accomplie ma belle. Et ce n'est pas parce qu'elle est morte jeune... Rien dans ce que les gens ont partagé d'elle n'avait ce relent de cliché: "C'est toujours les meilleurs qui partent en premier..." Sa présence nous rendait meilleur et sa mort nous invite à l'être encore et pour toujours, tous les jours.
Elle avait une vision de la vie qu'elle voulait vivre et elle l'a vécu, une journée à la fois. Et la vie a été d'une abondance et d'une générosité incroyable avec elle.
Sa mort, à 40 ans, est un rappel (douloureux sur le coup) que je ne suis pas éternelle et que demain peut ne jamais venir... et je dis cela sans défaitisme ni regret. Nous le savons tous mais, moi la première je vis comme si la mort allait venir le plus tard possible et que je pouvais contrôler une telle chose.
Mais qui ne pousse pas un soupir de soulagement, inconsciemment peut-être, le soir en allant se coucher et en se réveillant le matin?
Merci ma belle amie pour cette lumière que tu nous as partagé et malgré la peur qui surgit au fond de mes tripes, je sourirai, je dirai ces mots que parfois je retiens, je vivrai passionnément et sans retenue cette vie dont je rêve.
Avec tout mon respect et tout mon amour!
ML
Hier... une pause dans mon marathon d'écriture, pour une visite au salon funéraire.
J'ai une amie... une belle femme de 40 ans qui a touché de façon incroyable le coeur de centaines (on pourrait dire des milliers) de personnes partout où elle est passée. Depuis l'annonce de son décès, des dizaines et des dizaines de messages sont partagés par courriel et sur Facebook, ayant comme trait commun sa grande écoute, sa joie de vivre et sa grande générosité envers ceux qu'elle rencontrait.
Elle habitait à Singapour depuis deux ans, avec son amoureux qu'elle était allée rejoindre (il travaillait là-bas), laissant tout derrière elle pour vivre cette magnifique histoire d'amour qu'elle vivait. Il y a environ 3 mois, on lui annonçait un cancer de l'estomac...
Ses surprises...
J'ai parlé avec sa mère, une femme incroyable. Magnifique autant dans les larmes que dans le rire. Elle est allée rejoindre sa fille aussitôt qu'elle l'a pu. Elle me raconte que sa fille avait toujours trouvé qu'elle avait le chic pour préparer les valises. Ayant fait plusieurs voyages dans sa trop courte vie, sa mère l'aidait à rouler chandails et chaussettes et à trouver le moindre petit trou pour entrer encore un autre morceau.
Lors d'un rare moment où elles étaient seules, à l'hôpital, un moment trendre entre mère et fille. Dans ses derniers instants de lucidité, sa mère a préparé la dernière valise de sa fille, pour son dernier voyage.
- Qu'est ce qu'on y met maman?
- Beaucoup d'amour...
J'ai trois enfants et je ne saurais trouver des mots plus parfait si je devais un jour (jamais, jamais, je touche du bois et je bénis tous les dieux et déesses dans leurs grâces infinies!!) enterrer un de mes enfants.
L'envie de vivre...
Cette amie... Tout le monde s'accorde pour dire qu'elle a vécu sa vie passionnément, à fond et sans regret, avec la seule intention de faire une différence dans la vie des gens qu'elle rencontrait. Mission accomplie ma belle. Et ce n'est pas parce qu'elle est morte jeune... Rien dans ce que les gens ont partagé d'elle n'avait ce relent de cliché: "C'est toujours les meilleurs qui partent en premier..." Sa présence nous rendait meilleur et sa mort nous invite à l'être encore et pour toujours, tous les jours.
Elle avait une vision de la vie qu'elle voulait vivre et elle l'a vécu, une journée à la fois. Et la vie a été d'une abondance et d'une générosité incroyable avec elle.
Sa mort, à 40 ans, est un rappel (douloureux sur le coup) que je ne suis pas éternelle et que demain peut ne jamais venir... et je dis cela sans défaitisme ni regret. Nous le savons tous mais, moi la première je vis comme si la mort allait venir le plus tard possible et que je pouvais contrôler une telle chose.
Mais qui ne pousse pas un soupir de soulagement, inconsciemment peut-être, le soir en allant se coucher et en se réveillant le matin?
Merci ma belle amie pour cette lumière que tu nous as partagé et malgré la peur qui surgit au fond de mes tripes, je sourirai, je dirai ces mots que parfois je retiens, je vivrai passionnément et sans retenue cette vie dont je rêve.
Avec tout mon respect et tout mon amour!
ML
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