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mercredi 15 mai 2013

Urgence

Les mots déchirent le fin voile d'irréalité qui les retient.Une vague qui fracasse les digues et arrache les derniers fils qui s'accrochent à la raison.

Je crache des mots à me faire désenfler le cerveau. Je vomis des mots à me vider de ma colère et mon impuissance.

Écrire compulsivement c'est hurler sa faim.

Avec respect!
ML

jeudi 27 janvier 2011

Minuscule particule de lumière infinie

Il y a parfois des instants que l'on voudrait éternel, comme cette sensation au creux du ventre de vivre parce que l'on aime et que c'est une certitude. La douleur et la joie d'aimer sont si proches que l'effet de transcender l'un et l'autre nous libère totalement. Malgré les circonstances, malgré les bouleversements, il reste la douce conviction qu'il n'arrive rien en vain; que la folie des humains n'est que l'expression d'un désir incommensurable de survivre et que nous serions prêts à toutes les lâchetés pour conserver cette particule bien minuscule de lumière qui nous habite tous.

jeudi 8 juillet 2010

lundi 5 juillet 2010

Combien de fois...

Combien de fois...
... la route bifurque-t-elle de façon inattendue?
... laisserai-je mon coeur être bouleversé par des histoires sans avenir?

mercredi 12 mai 2010

Lettre d'amour - essai sur les sens (1/5)

Une première envolée
Un clin d’œil à ces mots que tu chantes et qui te font penser à nous, à cet amour qui fleurit et se construit dans tes mots, qui m’apaisent, m’éveillent, me réveillent, m’allument, m’enflamment.
Tu es à moi dans ses pensées de bonheur qui nous unissent et que je capte en « écoutant l’air ».
Je t’aime!

À la découverte des sens, jour 1
L’OUÏE
LE OUI de mon cœur
De mon âme
Qui résonne dans l’espace
Dans l’Univers.


Une lettre d’amour
Mon amour,

Il ne suffit pas de dire, je pense, que je vais explorer chacun des sens, pour que le résultat soit fidèle à une évidence. Je n’ai pas commencé par le sens le plus facile. À part de te dire que j’aime tes oreilles, le défi me chatouille.

Mais c’était d’une évidence limpide que de commencer par ce sens qui est si présent pour nous deux; qui fait partie de nous depuis la première seconde où ta présence a résonné si profondément en moi. Ce moment précis où mon âme a entendu la tienne.

Il y a entre toi et moi, cette chose qui me plaît et me touche profondément. Cette capacité que nous avons d’entendre, ce qui n’est pas exprimé en mot, mais de multiples façons, souvent imperceptibles pour les autres humains.

Écoute.

Un espace qui ajoute une dimension toute particulière à notre relation.

Une écoute pleine, entière et transcendante. J’aime comment tu m’écoutes, me saisis, me recrée en mots choisis, formulés avec une infinie tendresse et un amour passionné.

J’entends, je t’entends et résonne de cet appel féroce que tu as de mon être et qui vibre avec le mien. Je t’entends à toute heure du jour et de la nuit, tu m’habites. J’aime cette expression que j’ai trouvée et qui fait tellement de sens pour moi. « Tu cours sous ma peau! »

Cette présence, qui « s’écoute dans l’air » qui me traverse et me transperce, c’est nous. Toi. Moi.

Je t’ai entendu m’appeler au-delà des ténèbres. Et c’est en plein soleil que je marche vers toi.

LOUÏE
JOUÏE
OUI

De Moi

lundi 12 novembre 2007

Chasse à l'homme - 2ème partie

1ère partie

Enfin il trouve ce qu’il cherche. Elle vient tout juste de s’asseoir à la table à côté de lui. Une brunette, parée de lunettes rondes cerclées d’or. Les cheveux aux épaules volant à tout venant. D’un geste léger elle les repousse vers l’arrière. Elle porte une fine blouse blanche et opaque qui ne dévoile rien. Un seul bouton est prudemment détaché au col. Une jupe longue jusqu’aux genoux complète cet habit discret. Une étudiante. Non, une secrétaire. Une vendeuse? Les mouvements sont chastes et retenus. Que lit-elle? Il penche un peu la tête pour lire le titre. Un obscur traité de psychanalyse. Une étudiante. Sentant le regard posé sur elle, elle lève la tête et sourit. Surpris, il sourit à son tour, ayant l’impression, l’espace d’un instant, d’être la proie dans la lunette du chasseur. Reprenant le contrôle de lui-même il ouvre la bouche pour lui dire une banalité sur le vent.

- Enlevez vos lunettes noires que je puisse voir vos yeux!

Plus rapide que lui, elle décoche un tir direct. Surpris à nouveau par tant d’assurance, il décide de jouer le jeu. D’un geste lent, il enlève ses verres fumés, dévoilant des yeux bleus comme la mer par temps gris. Un regard intense, insoutenable. Sans paraître dérangée le moins du monde, elle lui rend un regard rieur et profond, plongeant jusqu’au tréfonds de son être. Jamais il n’avait vu autant de candeur. Troublé, ne sachant que dire, il reste là tout bonnement à la regarder.

- Vous me semblez timide, dit-elle enfin.
- Vous allez me psychanalyser, répond-il en pointant le livre.

Son rire éclate comme une pluie de cristaux brisés dans l’air chaud de l’après-midi. Plusieurs têtes se tournent dans sa direction. Insensible au regard des autres, elle ajoute :

- Et pourquoi pas, hoquette-t-elle, en proie à un fou rire incontrôlable.

Soudain il se rend compte qu’elle se joue de son air de fausse assurance, de faux dragueur. Elle ne croit pas qu’il ira plus loin que la simple envie de regarder. Il voit avec aigreur qu’elle comprend que sa chasteté l’attire; que ce qu’elle ne dévoile pas l’attire. Il est tenté de se lever et de partir. Il ne tirera rien d’elle. Il n’arrive pas à garder le contrôle et c’est dangereux. Pourquoi rester? Parce qu’il en a envie. Il a le goût de rester, de voir jusqu’où ça va le mener. Il aime le danger. Sa vie est une longue suite de secrets dangereux, de regards qui se vident de vie. Que donnerait-il pour effacer la vie de cette femme qui le nargue. Juste avec ses doigts autour de son cou fragile.

- Ne vous fiez pas à ça! C’est juste par curiosité. C’est un livre qui parle de pulsions et de notre façon, comme être humain, de les contrôler ou non ou encore d’aller jusqu’au bout.

La voix de la jeune femme le rappelle soudain à la réalité. De son cou, ses yeux remonte jusqu’à ses yeux.

- Ah…

Que dire de plus. Elle semble lire son âme en détail. Tentant de reprendre contenance, il ajoute :

- Et vous? Est-ce que vous allez au bout de vos pulsions?
- Est-ce que vous aimeriez une démonstration?

Décontenancé, il ne sait plus sur quel pied danser. Il aimerait se mettre en colère, être outré de se faire regarder avec autant d’impudence. Il reste là, mou devant autant d’innocence et de lucidité.

- Vous me plaisez, dit-il enfin, jouant la carte de la franchise. Sa dernière carte. Elle sourit encore sans surprise, ne lui faisant pas l’affront de répondre qu’elle le savait.

à suivre...

lundi 8 octobre 2007

Chasse à l'homme - 1ère partie

Son regard s’attarde sur les courbes des passantes. Des regards qu’il dissimule sous un air de fausse innocence. L’œil lubrique derrière des lunettes noires, il regarde les épaules. Fortes. Rondes. Tombantes. Crispées. Détendues. Nues. Surtout les épaules dénudées. Striées d’un mince cordon qu’il ferait glisser avec ses dents.

Il aime les peaux bronzées, foncées, au goût de soleil. Souvenirs d’un voyage dans les pays chauds. Épaules tropicales. S’il en a l’occasion, il porte un regard sur la nuque, qu’il fait glisser le long du dos. Aucune ne se doute de l’examen furtif, du jugement hâtif. Mais il ne pense à rien, ne juge de rien. Il apprécie. Il goûte d’un œil connaisseur les multiples courbes qui s’offrent à ses yeux. Certaines ont des bras sublimes. Une caresse du revers de la main prouverait leur douceur. Une peau douce comme le satin, qui s’allonge sans fin. Une caresse infinie, d’une langueur infinie qui arracheraient des frissons et des vagues de passion. Des doigts qui s’agripperaient pour retenir le contact de cette main encore une autre seconde et une autre encore.

Il n’aime pas les bijoux. Artifices inutiles qui voilent la véritable beauté du corps. Qu’est-ce qu’un long cou attirant enchaîné d’or? Son regard se détourne. Durant de longues minutes, il s’évade dans le souvenir de la première femme qu’il ait aimé. Aimé? Il était encore jeune à l’époque, impatient d’apprendre, de connaître, de laisser ses sens apprivoiser les délices féminins. Enfin mettre les mains sur de fines épaules, les masser. Sentir sous ses doigts les muscles s’abandonner à son contact. Longuement, il l’avait regardé, nue et offerte. Mal-à-l’aise devant son regard inquisiteur, elle avait pris les devants. Décevant. Elle avait commencé à le caresser. Il aurait préféré attendre. Regarder. Toucher. Sentir et goûter. Il aurait préféré prendre le temps d’éveiller son plaisir. Mécaniquement, elle avait précipité les gestes. Il était resté sur sa faim. Elle n’avait jamais eu la chance de comprendre comment elle n’avait pu le combler.

Un éclat orangé lui fait soudain lever la tête. Quelle splendeur! Habillée d’une sublime robe couleur de feu, diaphane, sans fards, ni bijoux, une princesse africaine s’expose à son regard. Elle attend, impatiente, un rendez-vous qui n’arrive pas. Hautaine et grave, elle rayonne d’un éclat mystérieux. Aucune bretelle! La nuque dégagée par une coiffure relevée sur la tête, les épaules dévoilent une peau terre brûlée qui lui coupe le souffle. Tranquillement comme un prédateur, il détaille, découpe chaque parcelle de peau qu’il aperçoit. La chute de reins le ravi et il regarde sans plus aucune réserve, descendant son regard le long des longues jambes fines. Souriant devant le petit pied en sandale qui tapote le sol furieusement. Il n’ose regarder les bras. Des bras qu’il rêverait d’avoir autour de sa taille, autour de son cou, pour sentir leur douceur velouté. Il aimerait voir le contraste de ses mains sur sa peau de café. De l’épaule, son œil descend le long du bras vers les doigts qu’il espère longs et raffinés. Corrompant les doigts les plus célestes qu’il ait vu depuis une heure, une cigarette.

Déçu son regard se détourne et s’éveille devant un décolleté plongeant sur de petits seins ronds pointant à travers une magnifique broderie blanche. D’une indécence qui le fait sourire, il lève ses lunettes et plonge dans les yeux bruns de la demoiselle. Surprise, elle esquive son regard.

À suivre... 2ème partie